PETG Cassant en Été : Comment Éviter les Ruptures d'Impression
Si votre filament PETG devient cassant et se brise en plein milieu d’une impression dès que l’été arrive, la cause est presque toujours la même : l’humidité ambiante. Le PETG est hygroscopique, autrement dit il absorbe l’humidité de l’air. Or en été, le taux d’humidité relative grimpe souvent bien au-dessus des 50-60 % idéaux. Résultat : un filament qui se fragilise, perd son élasticité et casse net au lieu de plier. Parfois même directement dans l’extrudeur, en pleine impression, ce qui est particulièrement frustrant.
Pourquoi le PETG devient-il cassant avec l’humidité ?
Le PETG absorbe l’eau au niveau moléculaire, un peu comme une éponge microscopique. Quand il est chauffé dans la buse, cette eau se transforme instantanément en vapeur. Ce phénomène, appelé hydrolyse, dégrade les chaînes polymères du matériau et casse littéralement sa structure interne. Concrètement, voici ce que ça donne sur l’imprimante :
- Le filament devient friable et se casse facilement quand on le plie
- Vous entendez des petits “pops” ou grésillements pendant l’extrusion (un peu comme du bacon qui grille)
- La surface imprimée présente des bulles, un aspect mat ou des fils (stringing) excessifs
- Les pièces imprimées sont nettement plus fragiles mécaniquement que d’habitude, parfois au point de céder sous une simple pression des doigts
Plus l’air ambiant est chaud et humide (typiquement au-dessus de 60 % d’humidité relative), plus l’absorption est rapide. Dans un atelier mal ventilé en août, quelques heures d’exposition à l’air libre peuvent suffire à rendre une bobine inutilisable.
Comment reconnaître un PETG humide avant qu’il ne casse
Avant de lancer une impression, quelques signes doivent vous mettre la puce à l’oreille :
- Le filament casse en se pliant à 90° au lieu de revenir en forme
- Des craquements audibles lors du déroulement de la bobine
- Une odeur légèrement acide ou “cuite” pendant l’impression
- Des couches qui ne fusionnent pas bien, avec un aspect poreux, presque spongieux
Si vous repérez un de ces signes, ne lancez surtout pas une impression de huit heures en espérant que ça passe. Séchez d’abord le filament, ça vous évitera une pièce ratée et un bourrage à minuit.
Comment sécher le PETG efficacement
Le séchage reste la solution numéro un, et elle fonctionne presque à chaque fois quand elle est bien appliquée :
- Four de séchage à filament : réglez entre 55 et 65 °C pendant 4 à 6 heures. C’est la méthode la plus fiable et la plus précise, quasiment du zéro défaut.
- Four de cuisine domestique : à défaut de déshydrateur, utilisez le four à 50-55 °C (vérifiez avec un thermomètre externe, les thermostats de four maison sont souvent faux de 10 à 15 degrés) pendant 4 à 6 heures, bobine posée sur une grille, sans le plastique d’emballage.
- Déshydrateur alimentaire : une alternative économique très utilisée par la communauté des imprimeurs 3D, réglée sur 55-60 °C pendant 5-6 heures. Celui qui sert normalement pour les fruits fait très bien l’affaire.
Évitez de dépasser 65 °C : le PETG peut se déformer (effet “spaghetti” sur la bobine, les spires qui fondent entre elles) à des températures trop élevées. Mieux vaut sécher un peu plus longtemps à basse température que risquer de ramollir toute la bobine.
Stocker correctement pour éviter de recommencer
Sécher sans bien stocker ensuite, c’est jeter l’argent par les fenêtres. En été surtout, l’humidité revient vite :
- Utilisez un sac sous vide avec du gel de silice immédiatement après usage, même pour une pause de deux ou trois heures seulement
- Investissez dans une dry box active (boîte étanche avec dessicant rechargeable ou résistance chauffante intégrée) pour les bobines en cours d’utilisation, celles qui restent montées sur l’imprimante plusieurs jours
- Changez le gel de silice dès qu’il change de couleur (généralement orange vers vert ou transparent), ne le gardez pas “pour voir”
- Évitez de laisser une bobine à l’air libre dans un garage ou un atelier non climatisé en été, même pour une nuit
Ajustements des réglages d’impression
En complément du séchage, quelques réglages aident à limiter la casse pendant l’impression :
- Réduisez légèrement la vitesse d’impression (40-50 mm/s) pour limiter les contraintes mécaniques sur le filament au niveau de l’extrudeur
- Vérifiez que le chemin du filament (du support bobine jusqu’au hotend) ne présente pas de frottement excessif : un filament déjà fragilisé se brise plus facilement sous tension, au moindre accroc
- Si vous utilisez un extrudeur à engrenages agressifs, réduisez légèrement la pression pour éviter d’écraser un filament déjà affaibli par l’humidité
Conclusion
Un PETG qui casse en plein été n’est presque jamais un défaut de qualité du filament. C’est l’humidité ambiante qui dégrade ses propriétés mécaniques, point. La solution est simple et peu coûteuse : séchez systématiquement votre bobine avant impression (55-65 °C pendant 4-6 heures) et investissez dans un stockage hermétique avec dessicant. Avec ces deux réflexes, vos impressions redeviendront fiables, même pendant les mois les plus humides de l’année.